19- Le chemin unique qui ne va pas à Rome

 huellas         Je conçois le Chemin de Saint Jacques comme une somme de traces de marcheurs. Avant tout les traces des pénitents qui rachetaient ses fautes et faisaient sa prière en dépensant ses sandales et ses pieds, et les traces des croyants qui cherchaient le Dieu dans une tombe et quelques reliques saintes sur lesquelles prier et rendre culte. Mais tout de suite aussi les traces des commerçants, des colons, les artistes, les loges, les militaires, les escrocs et les délinquants de tout rang, les nobles, les prélats, les rois, les saints … chacun avec ses motifs, à ses fins et les propres objectifs, qu’ils cherchaient souvent pour le Peregrinación penitencialcompte de parcourir des distances immenses, en marquant un chemin qui recrutait des fils depuis des lieux multiples de l’Europe jusqu’à conformer une artère de plus grand calibre par le volume de son passage, en conformant le trajet que, avec ses vicissitudes de tout caractère, l’histoire défrichait sur le terrain à coup de passages.

Caminos europa          Le pèlerinage résulte être, dans une dernière instance, un phénomène supra-historique, qui est immémorial dans le temps, universel dans l’espace, commun à toutes les religions et conditions humaines et par cela, diverse dans ses manifestations de toute espèce, sacré et profane, sublime et mesquin, humble et vaniteux, anonyme et proclamées avec tout luxe de luxes… Depuis cette diverse expression et multifactorial, le Chemin de Santiago vient à conformer l’armature de l’Europe avec son travail durant des siècles comme le courant social, économique et culturel de l’Occident chrétien, qui la constitue comme le pèlerinage par excellence, en étant inclus de nos jours, pour notre civilisation orgueilleuse et autosuffisante, un recours spirituel et humain pour qui ils savent le chercher.

          Si le Chemin est addition de diversité de traces accumulées, et c’est pourquoi aussi de la diversité de motivations, depuis son ample réalité complexe et plurielle, pour sa compréhension la plus complète, elle doit être entendue sans des préjugés d’aucun type, sans fuir du profane et sans mépriser le spirituel, parce que dans l’un ou un autre cas nous nous laisserions un chemin moyen sans voir, sans jouir, sans connaître, sans comprendre …

 NO_TITLE_54180145139_53389389549_600_396         Depuis cette vision compilateur, il se impose comme réalité évidente que le Chemin de Santiago ne s’explique pas sans le christianisme et la foi, une foi qui enfonce ses racines dans le Rome antique, dans les invasions barbares et dans l’expansion islamique, en conformant une romanisation désirée et menacée qui trouve dans le christianisme sa plus grande impulsion d’identité.

          Depuis ce commencement et jusqu’à nos jours, l’histoire de Compostelle, avec son fond religieux et son contexte profane, avec son économie et sa culture, avec son indulgence et son tourisme, avec ses alliances entre le religieux et le laïque, est compréhension facile qui est un phénomène avec multitude de visages, toutes existantes, toutes authentiques, toutes compatibles et complémentaires, et toutes nécessaires pour comprendre l’évaluation complète de la dimension de Saint-Jacques-de-Compostelle et de son chemin légendaire, un chemin qui ne va pas à Rome, contre le conventionnel par une construction centralisatrice de l’Église Romaine en vue d’une administration homogène et à une unité de doctrine.

          La sentence ancienne des classiques “Tous les chemins vont à Rome”, elle enferme comme aucune l’idée d’un domaine centralisé dans la ville dénommée éternelle, comme la réceptrice de tous les chemins qui viennent de l’Europe. Tous?. Dans le coeur du Haut Moyen Âge surgit une impulsion qui articule une force décentralisatrice qui régénère la pensée, la culture et la propre histoire de l’Europe.

          Vers une Compostela non inventée mais submergée, oubliée et redécouverte, le Chemin de Santiago surgit en proposant un courant centrifuge de Rome, qui arrive à réveiller l’inquiétude et la méfiance de Rome, mais qui finit par démontrer que non tous les chemins arrivent à elle, et en se convertissant en axe indispensable et constructeur de l’unité culturelle de l’occident chrétien.

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